Extrait du discours d'un citoyen devant les Nations Unies :
"Je sais que vous êtes occupés à régner, qu'il faut ménager les uns et les autres chaque fois que vous intervenez quelque part.
Mais à quoi servez vous lorsqu'on me dit qu'une personne meurt de faim toutes les 4 secondes dans le monde et que ni nos gouvernements ni vous n'agissez pour l'en empêcher ?
Ne me dites pas que c'est faux, que "l'on fait tout notre possible", je ne le croirai pas. Savez-vous combien les pays les plus riches consacrent à leurs subventions agricoles chaque année ? Plus de 300 milliards de dollars. Oui, vous avez bien entendu. 300 milliards de dollars. Et combien versent-ils aux pays en développement pour soutenir leur agriculture ? Moins de 10 milliards.
Et, pourtant dans nos pays, entre un tiers et un quart de la nourriture produite est détruite au lieu d'être consommée, par simple gaspillage.
N'y a t-il pas déséquilibre? Et il coûte plus de 20 000 vies chaque jour !
Les fausses mesures que l'on prend aujourd'hui au nom d'un système économique tueur ne creusent pas seulement les tombes de tous ces gens mais préparent les nôtres. Nous pouvons encore agir aujourd'hui. Demain il sera trop tard.
Car d'autres phénomènes vont s'ajouter et nous dépasser.
La fonte des glaciers n'est désormais plus une prédiction de science-fiction mais une réalité ! Les glaciers disparaissent, certains sont les sources des grands fleuves qui alimentent en eau un milliard de personnes. Doit-on croire que si aujourd'hui nous ne pouvons assouvir la faim, demain la déshydratation réduira drastiquement la population mondiale ?
Peu à peu, le niveau des océans est en train de monter. Si nous continuons à ce rythme, bientôt les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland auront fondu, les scientifiques estiment alors la hausse à environ 10 à 12 mètres ! Imaginez la carte du monde totalement redessinée ! Les littoraux seront repoussés de plusieurs kilomètres dans les terres, des pays entiers disparaîtront, les zones d'agriculture seront totalement transformées et les populations obligées de se concentrer davantage encore, avec ce que cela implique de risques sanitaires, de violences liées aux privations.
Ne pensez-vous pas qu'il est temps de mettre nos querelles de pouvoir en berne et de prendre le problème au sérieux ?
Car les risques nous les connaisont ; l'avenir, les scientifiques nous le dépeignent chaque jour, et cette course contre la montre a commencé il y a déjà bien longtemps. Et pourtant personne ne bouge.
Je ne comprends pas. Faut-il qu'on dépose les cadavres sur vos pieds ?
La faim, la soif, la détérioration des climats, n'est-ce pas de sauvegarde de l'humanité que nous parlons ?
N'était-ce pas ça aussi, la fonction des Nations Unies ?
Je sais que d'autres avant moi sont venus vous solliciter, vous implorer. Nous pensions que dans un monde riche et civilisé comme le nôtre, les Nations Unies pourraient agir. Avec rapidité.
Mais rien n'a changé.
Et le temps que je vous écrive ce que j'ai sur le coeur, 20 personnes sont mortes.
Parce qu'elles n'avaient pas à manger."
Extrait de "La théorie GaÏa" de Maxime Chattam.
Je sais ça fait peur mais ce n'est que la vérité.